Un projet de vie; la découverte d’une nouvelle région

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Un projet de vie; la découverte d’une nouvelle région

On entend souvent dire qu’il ne faut pas laisser passer une opportunité. Dans notre cas, cette opportunité  s’est présentée sous la forme d’un terrain que nous avons acquis dans la municipalité de Ham Sud, plus précisément dans un nouveau lotissement baptisé Au pied du Mont Ham. Un achat impulsif qui, avec du recul, s’avère un coup de maître, principalement à cause de la qualité de vie que nous y avons découverte, à cause des gens qui y vivent, de leur engagement social, de leur créativité et de leur respect de l’autre. Mais, laissez-moi d’abord vous mettre en contexte.

Qui sommes-nous?

Une petite famille ordinaire, maman, papa, une jeune adolescente de douze ans et un chien. Je sais, cela ne veut pas dire grand-chose, mais si j’ajoute à cela que la maman a toujours vécu en ville et que pour elle Mont Saint-Hilaire est un coin reculé en campagne, on comprend encore moins comment il se fait qu’on s’est lancé dans cette aventure.  Alors, allons à ce qui caractérise notre situation  et nous amené à nous lancer dans l’aventure d’un choix de vie qui n’était à ce jour pas le nôtre, mais, auquel on réfléchissait depuis un certain temps. 

Nous vivions à Mont Saint-Hilaire, possédions une maison devenue beaucoup trop grande pour nos besoins, construite au début des années 80 selon les normes de l’époque. Notre questionnement sur les choix s’offrant à nous nous a amenés à considérer l’aspect environnemental. Nos recherches nous ont amenés à réaliser qu’il y avait un grand écart entre le mode de vie que nous impose la société de consommation et un engagement plus respectueux de la nature et en fait plus humain, plus respectueux de notre société. Tous deux à la retraite après des carrières bien remplies, nos contraintes pour changer de mode de vie ainsi que d’environnement étaient plus émotives que rationnelles.

Le choix impulsif, je le répète, pour l’acquisition du terrain en a surpris plus d’un dans notre entourage. On ne s’expliquait pas comment on pouvait choisir de s’exiler ainsi, s’éloigner de la ville (certains disent même de la civilisation) pour un village reculé sans service au fond de la forêt dans les Cantons-de-l’Est. Brève remarque, pour ce qui est du village reculé sans service, on repassera, la municipalité adhère au Programme Habitation Durable de Ham-Sud et nous remet quatre mille dollars si la maison répond aux normes du programme. Tout un début!

Un autre élément à considérer qui pouvait être un frein est le fait que, notre fille ayant des difficultés d’apprentissage, cela nous avait amenés à lui faire l’école à la maison parce que les services de soutien dans le système normé étaient tout à fait inadéquats et inefficaces pour elle. Il est important de le souligner parce que cela nous donnait encore plus de liberté pour notre choix de vie, mais causait un souci de socialisation (de par l’isolement découlant de notre nouvelle région) si l’on maintenait cette forme d’enseignement. Encore une fois, la région et l’engagement du personnel scolaire nous ont subjugués et ont transformé ce souci en une opportunité de croissance pour notre fille. Une autre découverte à laquelle nous ne nous attendions pas. On y revient avec plus de détails. 

Une première visite et c’est fait!

Difficile à croire, me direz-vous. C’est ce que tout le monde nous a dit. Nous nous rendons Au pied du Mont Ham au mois de septembre pour une première visite, laquelle au départ ne devait conduire à rien de bien précis, nous allions prendre le pouls. Après un peu plus d’une heure à discuter avec l’équipe de gestion de l’endroit, on choisissait un terrain et l’on signait une promesse d’achat.  

Que s’est-il passé? 

Une combinaison de facteurs. Le projet représentait ce que nous recherchions depuis un certain temps, c’est-à-dire un projet respectant l’écologie, permettant une vie sociale de par le regroupement de résidents éventuels du site, et ce, tout en permettant une forme d’intimité à cause de la superficie des terrains. 

Mais ce ne pouvait être que cela. Certes, le site est enchanteur au pied de la montagne, mais la sensibilité et le respect que dégageait l’équipe de gestion que nous avons rencontrée y étaient pour quelque chose. On ne voulait pas juste nous vendre un terrain, on nous offrait un style de vie. La différence entre les gens de la ville et le milieu rural est un gouffre. Une première visite nous a conquis. Le site est magnifique et l’on nous facilite la vie lors de la construction en nous offrant le gîte. Ce ne sera-là, qu’un des avantages que le projet lui-même va nous offrir.

À la découverte de la région

En avril, nous voilà sur place après seulement quelques mois de l’achat du terrain. On manque de repères, mais on peut compter sur l’équipe de gestion pour nous rendre la chose plus facile. Ils connaissent tout de la région et surtout des gens qui y habitent. Leur engagement et leur amour pour la région transpirent dans le support qu’il nous offre pour nous faire découvrir la région et toutes les possibilités.

La vie sociale et culturelle

On pourrait croire qu’une région aussi éloignée des grands centres aurait comme parent pauvre la vie culturelle. Il n’en est rien. St-Camille (quinze minutes de chez nous) surprend par sa vitalité. Une salle de spectacle qui regorge d’activités, qui a reçu de grands noms de la chanson depuis plusieurs années et qui  a assuré une programmation riche pour les gens de la région. On prend aussi conscience qu’à l’église, on organise des concerts. On a bien hâte que cela reprenne après la pandémie.

À St-Adrien, sept minutes de chez nous, l’église a été transformée et offre des espaces pour la création artistique avec toutes les commodités, en autre chose, équipées pour le télétravail. Il me semble que cette initiative ne se compare en rien à la transformation des édifices religieux en condo. On a là un bel exemple de ce que la créativité peut faire en amenant une plus-value à la communauté plutôt que simplement plus d’argent dans les coffres de promoteurs peu scrupuleux. 

Quelle n’a pas été notre surprise aussi de constater que la municipalité organise des rencontres de remue-méninges pour discuter avec les citoyens des grandes orientations de la municipalité. Pour avoir participé à une de ces activités s’apparentant au mode de fonctionnement d’un “World Cafe”, sans que cela ne se soit parfaitement tenu et que je ne connaisse à ce jour ce dont il en retournera, on ne peut que souligner à grands traits l’initiative. Reste à savoir ce qu’il adviendra de la mise en œuvre, mais on fait certainement beaucoup mieux que les administrations opaques des grandes villes en générales. 

Biens et services

Pour nous rassurer au départ, on nous fait savoir que nous sommes à une vingtaine de minutes d’Asbestos, une quarantaine de minutes de Victoriaville et d’un peu plus de Sherbrooke. Il est aussi possible de passer par Ham-Nord ou Weedon pour l’épicerie et quincaillerie.  Le magasinage et l’épicerie ne sont donc pas un problème. 

En fait, nous avons découvert avec plaisir qu’il n’est pas utile de toujours aller si loin. En face de l’église de St-Adrien se tient un marché public les fins de semaine. De l’autre côté de la rue, on découvre le St-Vrac; Un commerce qui mise sur le partage et le respect en offrant des produits en vrac comme son nom l’indique, mais aussi, des produits bio de la région et des abonnements à paniers de légumes. De plus, son mode de fonctionnement fait en sorte qu’il est possible d’aller se procurer ce dont on a besoin 24/7. On fait confiance aux gens et une fois membre, on passe à la caisse soit même. On tient le rôle de commis et de client à la fois. 

Encore St-Camille, hé oui, dans la même bâtisse que le bistro, on peut se restaurer et la nourriture y est excellente. Vous ai-je mentionné la brasserie La Grange Pardue à Ham Nord. Il y a trop de possibilités, on en oublie! La Maison grise à St-Adrien est un incontournable pour les amateurs de fromage de chèvre. On passe par Wotton pour s’arrêter à la miellerie. Tour récemment, on s’arrête, encore à St-Adrien, à la ferme de cerfs rouges. On y rencontre un jeune propriétaire passionné qui prend le temps de nous parler de ses produits, mais, aussi de ce qui l’a amené à se lancer en affaires. Il offre aussi ses produits d’érable.

Un barbier, qu’à cela ne tienne, un résident de St-Adrien y tient boutique.

Santé et bien-Être

Il n’a pas été long avant que mon épouse change d’avis pour les services médicaux dans la région. En l’espace de quelques jours, elle a dû se rendre deux fois à l’urgence de l’hôpital d’Asbestos. Ses préjugés quant au service dans un hôpital en région rurale ont changé. Non seulement elle a apprécié la bienveillance du personnel, mais aussi son professionnalisme. Il faut dire que le centre hospitalier universitaire de Sherbrooke n’est pas non plus très loin, à peine une quarantaine de minutes de la maison.  Finalement, on est en meilleure posture sur cet aspect que lorsque nous étions près des grands centres et qu’il y avait encombrement total des salles d’urgence.

ET l’école dans tout ça?

Je vous ai mentionné que nous faisions l’école à la maison à notre fille parce qu’en Montérégie nous n’avions pu avoir de service correspondant au mode d’apprentissage qui est le sien. Eh bien! croyez-le, l’école en région rurale ce n’est pas l’école dans les grands centres.

On s’informe auprès de l’école se St-Camille pour voir si l’on ne pourrait pas y faire entrer notre fille en sixième année, principalement pour l’aspect socialisation tout en étant conscient (suite à nos expériences passées lorsque nous habitions à Mont Saint-Hilaire) que nous aurions certainement à palier pour le système en continuant l’école à la maison. On en a pris pour notre rhume. Le directeur s’est donné comme mission d’intégrer notre fille. Comme il a rapidement constaté qu’il n’avait pas les ressources pour garantir l’apprentissage à notre enfant, il a contacté l’école secondaire d’Asbestos pour assurer, à celle qu’il a prise sous son aile dès le début, une place dès septembre au secondaire. Hé oui, difficile à croire, mais les directeurs d’écoles de la région se parlent, travaillent ensemble dans le but d’assurer le bien-être et la croissance des enfants. 

On n’y est pas encore, son entrée est prévue pour septembre, mais elle est très enthousiaste. Il faut dire que le directeur de l’école de St-Camille ne s’est pas contenté du travail administratif, il a rencontré notre fille à deux reprises seules à seule pour voir comment elle allait et la rassurer. Il nous a amenés visiter l’école d’Asbestos et nous a présentés à l’équipe de direction de cette dernière. Faut le faire, on n’est pas en ville!

Le cœur y est déjà

Pour le reste, nous savons que nous n’avons pas fini de faire le tour de tout ce qui est offert à proximité, mais nos repères s’établissent plus rapidement qu’on aurait pu le supposer. Vous me direz qu’il est plus fastidieux de faire plus d’un arrêt pour des produits bio que de tout prendre dans les centres d’achats et les grandes surfaces. Au contraire, l’accueil, le service et le sourire non factice des gens de la région font de ces arrêts des moments privilégiés. Mais le trajet me direz-vous.  Eh bien, ces quelques périodes de trajets sont des périodes de relaxation. Plus de circulation dense et des paysages à couper le souffle quelque soit la direction que nous empruntons. À quelques minutes d’ailleurs, par mont et par vaux nous nous retrouvons au lac Nicolet ou au lac d’Argent pour la baignade dans des eaux cristallines.

Comme nous sommes à la retraite, que nous avons du temps et que notre fille ira à l’école, la vitalité de la région nous pousse à vouloir nous impliquer et à penser mettre l’épaule à la roue pour aider à l’accomplissement de notre nouvelle communauté. 

Notre projet est plus grand qu’une nouvelle maison écologique dans un nouveau quartier privé. C’est aussi une question d’implication sociale si l’avenir le permet. À ce propos, on nous avait fait mention qu’une implication à mettre de l’avant des initiatives pour contribuer à faire grandir “Au Pied du Mont Ham que l’équipe de gestion reconnaîtrait cet engagement en redonnant un montant de 4 mille dollars. C’est ce qui nous est arrivé! Merci! Vous ai-je dit que le mode de gestion est un mode coopératif.  On est à des années-lumière des approches de gestion traditionnelle basées uniquement sur le gain en capital.

Maurice et Danielle

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